NOËL

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Noël !

 

 

 

Ecrit par Ludovic Coué le 25 octobre 2018

 

Je me suis perdu cette nuit-là.

Avec toute cette neige, pensez ! A un moment donné, avec le vent qui rabattait les flocons contre le pare-brise, je ne distinguais plus rien de la route, ni du paysage, ni du ciel. J’évoluais à travers un drap blanc. Je luttais pour ne pas céder à la panique et m’arrêter où je me trouvais, les bras tétanisés sur le volant, probablement les yeux exorbités à force de tenter de discerner quoi que ce soit dans cette blancheur mouvante.

J’avais mis le chauffage à fond ainsi que la ventilation pour désembuer au maximum.

Je me dirigeais vers Sizun où devais rejoindre des amis pour fêter le réveillon de Noël. Pas de réseau GSM ! Impossible de les prévenir de ma situation ni aucun moyen d’utiliser un GPS pour connaître ma position exacte.

 

Je pense qu’ils m’avaient invité pour m’éviter d’être seul ce soir-là; comme je venais de rompre.

Enfin, façon de parler… C’est plutôt Marie qui est partie, lasse d’attendre, d’espérer que je me décide à fonder une vraie famille en lui faisant un enfant.

Pas si simple ! Pour moi en tout cas. Je n’arrivais simplement pas à envisager ma vie autrement; et la perspective d’avoir des enfants me terrorisait. Je trouvais notre vie satisfaisante et ne voyais pas en quoi les enfants pouvaient l’améliorer. J’ai reporté plusieurs fois l’échéance et la dernière était celle de trop, sûrement.

 

Marie m’avait laissé une lettre sur la table de chevet pour m’expliquer qu’elle prenait de la distance et me laissait réfléchir à notre avenir, à notre vie; et qu’elle ne reviendrait que quand je serai assez mûr pour être père. Si ça arrivait un jour… et avant que ce ne soit trop tard. Elle me laissait trois mois. C’était en novembre.

 

Il était à peu près dix-huit heures et il faisait nuit. La neige s’était mise à tomber d’un coup alors que j’approchais de Sizun, à peine à quelques kilomètres de ma destination sans doute. Et le vent s’est mis à enfler crescendo pour m’envelopper dans une véritable tempête de neige ! Du jamais vu dans cette contrée.

J’ai ralenti, ralenti pour ne plus rouler qu’au pas, espérant ne pas sortir de la route et priant pour qu’un autre véhicule ne me rentre pas dedans. J’avais stoppé la radio afin de rester bien concentré sur ma conduite. Je jetais un œil à mon portable de temps en temps, espérant récupérer le réseau, en vain.

 

J’ai soudain aperçu une lumière sur ma gauche, à travers les flocons et j’ai pu distinguer des arbres aux branches dénudées. J’ai alors tourné doucement en ralentissant encore, en seconde puis en première, épiant le moindre soubresaut, prêt à freiner des quatre fers en cas d’obstacle.

 

Je me suis retrouvé sur un chemin à peine carrossable; mais la visibilité y était bien meilleure car la neige y tombait moins dru. Le vent n’y soufflait presque pas. Sans doute l’endroit était-il protégé par les arbres ? Trois maisons bordaient ce chemin; deux sur la gauche et une à droite. Toutes trois modestes d’apparence.

 

Le chemin tournait vers la droite à angle droit et semblait se rétrécir. Craignant de me retrouver en mauvaise posture, j’ai décidé de me garer à l’entrée d’un champ et de demander asile pour un moment dans une de ces maisons éclairées.

J’ai coupé le contact, enfilé mon blouson, mon bonnet et mes gants et je suis sorti de ma voiture en m’enfonçant doucement dans le tapis blanc.

 

J’ai immédiatement été saisi par l’ambiance qui régnait en cet endroit. La neige tombait doucement, clairsemée. On distinguait les étoiles et le vent ne soufflait pas. Le temps semblait comme s’être arrêté. J’entendais des chants joyeux émaner des demeures et l’air fleurait bon le feu de bois.

Des voix enfantines, cristallines entonnaient des chants en breton. J’étais subjugué par la beauté et la magie de ce moment. Je suis resté un temps à écouter ces douces mélodies ponctuées de rires et c’est bien le froid qui m’a obligé à me mouvoir.

 

Je me suis approché de la première maison et j’ai frappé à la porte. Curieusement, aucun son n’a retenti alors que je toquais. J’ai toqué à plusieurs reprises sans qu’aucun son ne se fasse entendre. J’ai trouvé cela bien étrange.

Je me suis déplacé pour voir à travers la fenêtre l’intérieur de la maisonnée. S’y trouvaient un couple et ses deux enfants, assis tous les quatre sur un tabouret rustique à trois pieds, bas et en bois, devant la cheminée au sein de laquelle flambait une énorme bûche.

J’ai tenté de frapper au carreau, mais comme la porte, il refusait de produire le moindre bruit. Les gens à l’intérieur ignoraient ma présence et chantaient doucement, en chœur des chants mélodieux et doux en langue bretonne.

 

Dépité, transi de froid et mal à l’aise, je décidais de me diriger vers la prochaine maison pour y tenter ma chance.

Je n’y ai pas rencontré de meilleur résultat. Mes tentatives à tambouriner restaient silencieuses et personne ne semblait déceler ma présence.

 

J’ai donc traversé le chemin et me suis posté devant la porte de la troisième maison. Le même phénomène s’est produit.

Je n’y comprenais rien et je me demandais si j’étais bien éveillé, si je n’étais pas en fait en train de rêver ce moment. Peut-être m’étais-je assoupi au volant et eu un accident de voiture et que j’étais en ce moment même dans un fossé, dans les vapes ?

Je décidais de regagner mon véhicule pour regagner la route et tenter ma chance ailleurs quand j’ai entendu une voix m’apostropher : Vous vous êtes perdu ?

Surpris, j’ai réellement fait un bond et je me suis retourné pour découvrir un type accompagné de son chien de chasse, planté au milieu du chemin, un peu plus loin. Il n’était pas très grand, rondouillard et dégarni. Il avait une lampe torche à la main gauche et un fusil de chasse cassé sur son avant-bras droit, il portait des bottes de chantier et un gros anorak.

_ Pardon ?

_ Etes-vous perdu ? Habituellement, à part mes connaissances, personne ne vient jamais par ici.

_ Heu… Je crois qu’on peut dire ça. Avec toute cette neige, je me suis retrouvé ici.

_ Et vous comptez faire quoi ?

_ Repartir sur la nationale pour…

_ M’étonnerait que vous alliez bien loin avec cette tempête. Venez donc chez moi au chaud, en attendant que ça se tasse un peu.

J’ai suivi le gars tout en maudissant la neige glacée qui entrait dans mes mocassins. Nous sommes entrés dans une petite cour où, sur la gauche trônait un arbre énorme. Un peu plus loin, après l’arbre se trouvait une ancienne bergerie et sur la droite une petite maison qui ne semblait pas dater d’aujourd’hui. Curieusement, le vent soufflait fort à cet endroit et la neige tombait dru.

Le chien est venu me renifler, la queue basse, les oreilles volant au vent. Il m’a regardé dans les yeux et s’en est allé, se désintéressant de ma personne.

Comme je regardais avec attention l’arbre imposant qui se mouvait sous les rafales en bruissant d’une plainte triste, mon hôte s’est esclaffé : Il est beau, hein ? C’est un châtaignier ! Le plus gros de la région ! Doit être très ancien pour être aussi grand et aussi gros.

_ Vraiment ?

_ Bédame ! Allez entrez maintenant, avant d’attraper la mort. Un soir de Noël…

_ Vous chassez la nuit ? Lui ai-je demandé en désignant le fusil.

Il a soulevé son arme et éclaté de rire : Ah ça non ! Jai des cartouches de gros sel pour dissuader les importuns qui auraient dans l’idée de venir vandaliser par ici. De nos jours, il vaut mieux être prudent!

_ Heureusement que vous ne m’avez pas pris pour un importun…

_ Z’avez pas l’allure… Risquiez rien.

_ Et vos voisins, ça ne leur fait pas peur ?

_ Mes voisins ? Quels voisins ?

_ Ben… Les trois autres maisons au bord du chemin !

_ ??? Qu’est-ce que vous me racontez-là ? Allez, entrez !

 

En entrant dans la maison, j’ai tout de suite été accueilli par la chaleur qui irradiait de la cheminée. L’intérieur était sobre et rustique. Bien éclairé et confortable.

_ Mamour ! Mamour ? On a un invité !

_ Je descends !

_ Asseyez-vous dans le canapé et enlevez vos godasses et vos chaussettes, vous devez avoir les pieds trempés.

_ Merci. Effectivement, j’avais les pieds trempés et glacés.

 

Dehors, le vent redoublait de violence et on pouvait entendre des sifflements aigus à chaque rafale ainsi que des craquements sinistres. Le feu dans l’âtre semblait animé de vie.

 

Mon hôte a placé devant moi un repose-pied matelassé et je me suis retrouvé au fond d’un canapé moelleux, face à la cheminée qui ronflait formidablement.

Il a ôté sa parka, troqué ses bottes contre des pantoufles et s’est posté devant moi en me tendant sa main droite : Moi, c’est Jean.

J’ai voulu me relever pour effectuer notre poignée de mains mais il m’a fait signe de rester assis.

_ Enchanté. Je m’appelle Michel. Merci de bien vouloir m’accueillir un soir de Noël.

_ Oh ! Vous savez, pour nous, c’est un soir comme les autres.

_ Vraiment ? Vous ne fêtez pas Noël ?

_ Non. Noël, c’est surtout pour les enfants. Et nous… Nous n’avons pas d’enfants. Alors…

_ Désolé.

_ Pas de quoi. Vous êtes partant pour un whisky ?

_ Volontiers. Je suis partant.

 

La femme de Jean est arrivée, souriante, la main tendue :

_ Bonsoir. Laurie. C’est incroyable que vous soyez arrivé par ici.

_ Enchanté, Michel. J’espère ne pas vous déranger. Je me suis égaré à cause de la tempête. J’ai vu des lumières depuis la route et j’ai suivi le chemin.

_ Des lumières ? Comment est-ce possible ? On ne nous voit pas de la route.

_ La lumière des autres maisons à l’entrée du chemin.

_ ??? Les autres maisons ? Mais ce sont des ruines inhabitées depuis plus de cent ans !

_ Tenez Michel, voici votre whisky. Laurie a raison. Ces ruines sont abandonnées depuis plus de cent ans et il est impossible de nous voir depuis la route. On peut peut-être se tutoyer, non?

_ Merci. Evidemment Jean; on se tutoie. Ecoutez, j’ai bien vu les lumières et j’ai vu aussi les maisons debout, intactes, éclairées de l’intérieur. Des gens s’y trouvaient. Il y avait du feu dans la cheminée et les enfants chantaient en breton.

_ Vous rendez-vous compte de ce que vous dites ? Laurie et moi habitons ici depuis cinq ans et nous sommes les seuls habitants le long de ce chemin.

_ Jean, il a peut-être reçu un choc à la tête et cela lui donne des hallucinations ?

_ Je vous assure que je n’ai pas eu de choc ou quoi que ce soit. J’ai bien vu ces gens. Je les ai entendus. Seulement…

_ Seulement ?

_ Ils ne m’entendaient pas, eux. J’avais beau frapper à la porte, aux carreaux, ils continuaient à chanter devant la cheminée sans se rendre compte de ma présence. Je sais que ça à l’air dingue dit comme ça.

 

Mes hôtes me dévisageaient, inquiets, et je ne savais trop quelle contenance adopter. J’ai bu une grande lampée de whisky et Jean en a paru contrarié. Dieu que ce whisky était bon ! Je m’étais attendu à un breuvage un peu corrosif, n’ayant pas vu le flacon. Certains whiskies pouvant être taxés de tord-boyaux. Mais le liquide avait une jolie couleur ambrée et fleurait très bon la tourbe. J’ai fermé les yeux alors qu’une onde de chaleur douce et réconfortante descendait le long de mon œsophage  pour tapisser mon estomac. Divin !

_ Votre… Ton whisky est un pur délice !

_ Il peut ! Et c’est péché que de le boire aussi rapidement.

_ Lagavulin ?

_ Exact ! Dix-huit ans d’âge…

_ Mon Dieu ! Dix-huit ans ? Mais c’est…

_ Un nectar qu’il faut savoir déguster !

_ Désolé. Je ne savais pas. Et avec ce que je viens de vivre, je n’ai pas pensé à l’apprécier.

_ Pas grave. Je te refais le niveau maintenant que tu sais ce que c’est.

 

Laurie semblait toujours contrariée par mes dires à propos des maisons. Elle a pris place à côté de moi sur le canapé et m’a pris la main.

_ Crois-tu aux légendes Michel ?

_ Laurie, non. S’il te plait… Jean avait posé sa main sur l’épaule de sa femme et paraissait gêné.

_ Non. Je n’y crois pas. Même si je sais que chaque légende comporte un fond de vérité.

_ Bien. Raconte-lui Jean. Raconte-lui.

_ Mamour… Il va me prendre pour un crétin…

_ Je t’en prie. Tu as bien entendu ce qu’il a dit avoir vu.

_ Soit… Michel, il faut que tu saches que cet endroit se nomme LA MOTTE et qu’autrefois y vivaient des gens d’un genre un peu spécial…

_ Oh ! Vraiment ?

_ Laisse-moi te raconter d’abord… Il y a toujours eu des habitants ici. Depuis le Néolithique. On en trouve encore des traces un peu plus loin dans une grotte. C’est une terre spéciale qui a abrité des générations de druides, de sorciers, de gens particuliers doués d’étranges pouvoirs et qui étaient considérés à une époque comme des sages et que la population des alentours venait consulter pour résoudre des problèmes ou guérir de certaines maladies.

Ces gens-là avaient un réel pouvoir de divination et de guérison et, dit-on, communiquaient avec l’au-delà.

Trois familles se partageaient cette zone autour du chemin. Tous descendants directs des druides.

Ils vivaient paisiblement et rendaient de grands services autour d’eux. Leurs dons se transmettaient à la naissance de père en fils et de mère en fille. Les hommes n’avaient pas les mêmes pouvoirs que les femmes.

Durant des millénaires, cet endroit a connu la sérénité. Ces gens étaient bien considérés et la population leur était reconnaissante.

_ Mais, que leur est-il arrivé ?

_ J’y viens, j’y viens… Leur réputation s’est élargie au fil du temps et un jour, leurs particularités ont été rapportées au prêtre qui en a fait part à sa hiérarchie. Tout a mal tourné quand certains ont commencé à parler de miracles et d’autres de sorcellerie.

Personne n’a jamais su qui avait fait quoi. Toujours est-il qu’une nuit de Noël, des hommes masqués ont mis le feu à leurs maisons alors qu’ils fêtaient la naissance du Christ comme le reste de la population.

Tous ont péri. Hommes, femmes et enfants ont fini brûlés vifs dans leur maison. Les murs des ruines sont encore noirs de la suie des incendies.

_ Quelle horreur ! Pauvres gens…

_ Ce n’est pas fini. Alors que les flammes dévoraient les maisons, un des hommes a brisé une fenêtre et hurlé qu’ils reviendraient tous par un jour de tempête à la même date pour terminer de fêter Noël ensemble afin de pouvoir pardonner le crime abominable qu’on leur avait fait subir.

_ Vous croyez que ça a un rapport avec ce que  j’ai vu ?

_ Vous êtes le premier et le seul à les avoir vus. C’est Noël et dehors il souffle une tempête épouvantable.

 

Vers vingt-trois heures quarante-cinq, alors que nous devisions sur cette tragique histoire, le chien s’est mis à pleurer bruyamment en tremblant de tout son corps. Et brusquement, le vent est tombé, plongeant l’endroit dans un silence inquiétant.

Le chien a quitté la pièce à toute vitesse pour disparaître dans une autre partie de la maison et des coups ont retenti à la porte !

Nous nous sommes regardés tous les trois, interdits. N’osant bouger quand les coups ont redoublé à la porte.

Nous nous sommes levés et Jean s’est dirigé vers l’entrée.

Quand il a ouvert la porte, douze personnes en costume breton se pressaient dans la lumière. Trois femmes, trois hommes et trois garçons et trois filles. Tous se tenaient par la main. Les hommes portaient des cheveux longs. Le plus âgé s’est approché du seuil et a prononcé : Marpich !

Jean s’est retourné vers nous, interrogatif et sa femme l’a informé que cela voulait dire : s’il vous plaît !

J’en avais les poils des bras dressés. Se pouvait-il ?

 

Jean s’est effacé et a fait signe à l’homme d’entrer.

En se décoiffant de son beau chapeau, il a souri et fait signe aux autres de le suivre. Ils avaient l’air heureux.

Quand tout le monde fut entré, l’homme qui avait demandé l’autorisation a prononcé : Arkodañs ?

_ Réconciliation a murmuré Laurie. Il demande si nous sommes d’accord pour une réconciliation.

Jean a fait oui de la tête, on a fait oui tous les trois ! Et comment ! Je me suis entendu m’exclamer Arkodañs ! Ya !

L’homme a souri, les femmes ont pleuré et les enfants ont sauté de joie.

Je ne saurais vous détailler ce que j’ai ressenti à ce moment-là. Je crois bien que mon corps vibrait tout entier et que des larmes ont coulé le long de mes joues.

Tour à tour, chaque homme, chaque femme et chaque enfant est venu poser ses mains sur nos têtes en récitant quelques mots que je n’ai pas compris.

A la fin, une petite fille souriante s’est tenue devant moi et, quand elle a apposé ses mains sur mon crâne, j’ai ressenti quelque chose de formidable : A la fois un son, une vibration, des fourmillements, une lumière, une couleur, une odeur. Et quand elle a prononcé ses mots inconnus, j’ai accepté la somme de ce que les douze visiteurs m’avaient offert. Et j’ai aussitôt perdu connaissance; en même temps que Laurie et Jean.

 

 

Quand je me suis réveillé le lendemain, je n’étais plus le même. J’étais animé d’une énergie nouvelle, inconnue et je ne voyais plus le monde de la même façon. Le monde vibrait autour de moi et je percevais sa vibration ainsi que la mienne.

 

Laurie et Jean ont vécu la même chose que moi. Ils ressentent exactement les mêmes sensations. Nous avons reçu un cadeau inestimable, extraordinaire et nos vies ont changé ce jour-là.

Depuis cette étrange nuit de Noël, nous sommes amis et nous sommes reliés en permanence. Avec le temps, nous avons découvert que nous possédions d’étranges dons qui se sont révélés précieux. Nous avons convenu qu’il valait mieux rester discret à ce sujet et utiliser nos pouvoirs à bon escient sans en faire étalage.

 

Quand je suis parti, que j’ai quitté mes nouveaux amis, la tempête avait laissé place à un beau ciel bleu et le vent s’était calmé. En regagnant ma voiture, j’ai aperçu les trois ruines de part et d’autre du chemin. J’ai ressenti une vive émotion et j’ai dit Merci ! J’ai crié Trugaré !

 

J’ai repris la route. Le réseau GSM était à nouveau opérant. J’ai prévenu mes amis de Sizun qu’il m’était arrivé un incident à cause de la tempête de neige, que j’étais désolé de n’avoir pu les prévenir et que je rentrais chez moi.

 

J’ai appelé Marie. Depuis, nous nous sommes mariés et avons eu un fils que nous avons appelé Nédéleg. Forcément.

Je lui ai apparemment transmis quelque chose de précieux, de merveilleux. Mais chut… Chut !

 

 

 

 

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