Amour fou !

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Très chère, ma grâce, mon espoir, mon idéal, mon fantasme, vous.

 

Oh! Comme j’imagine que vous allez me trouver bien entreprenant, osé, et tellement intrépide et quelque peu inconvenant ! Mais je n’en puis plus de vous désirer, de vous remémorer. Moi, ce misérable vermisseau si laid et si insignifiant face à une telle beauté que la vôtre. Car vous êtes belle; oui, si belle !

 

C’est que vous occupez mon esprit, toutes mes nuits, tous mes jours. Vous m’obsédez depuis que je vous ai aperçue et suivie dans la rue, vaporeuse, légère avec votre démarche féline, vos mollets si galbés. Oh vos mollets ! Et la chute de vos cheveux épais, souples et soyeux sur vos épaules si frêles et, finalement, battant sur votre croupe si rebondie. Oh  votre croupe !

 

Je vous ai suivie jusqu’à chez vous, je marchais comme sur un nuage, touché par la félicité.

Et quand je vous ai aperçue à travers vos voilages, le soir, alors que vous ôtiez vos vêtements; mon cœur à bien failli se rompre !

 

Mon Dieu ! Comment vous déclarer ma flamme si intense sans vous effrayer ? Moi qui brûle d’impatience de vous rencontrer. Je me consume à petit feu rien qu’en pensant à vos longs cils charbonnés qui battent comme les ailes d’un magnifique papillon.

Ma timidité me contraint à vous écrire car je n’ose pas vous adresser la parole, craignant plus que tout votre regard et votre jugement. Quelle torture pour moi. Je ne sais si je pourrais supporter votre refus; pire, une moquerie, un éclat de rire…

Un éclat de rire… Ce serait bien là la réaction d’une si belle femme face à un pauvre bougre comme moi. Oui. Certainement que je vous amuserais, que vous me couvririez de qualificatifs peu gracieux.

Les femmes telles que vous sont sûres d’elles, de leur beauté et n’ont que faire d’un gars comme moi. Aucune chance, hein ? Je ne vous arrive pas à la cheville ? C’est ça ? Salope ! Je vous aimais moi ! J’aurais tout fait pour vous; je me serais sacrifié pour votre bonheur. Mais non ! Il te faut bien mieux, hein ? Espèce de pétasse ! Ce qui te plaît, c’est le genre friqué qui roule dans une bagnole de luxe et qui possède des appartements à Paris et un chalet à la montagne. Un bateau à Monaco ? Evidemment, il te faut tout ça ! Sinon, ce n’est même pas la peine d’essayer de te parler, hein ? Sale traînée !

Quand je pense à tout ce que j’étais prêt à faire pour toi, dévergondée ! Tu as écrasé sous la semelle de tes escarpins mes sentiments les plus beaux, mes espoirs les plus fous.

Finalement, c’est une lettre de rupture que je t’envoie; tu l’as bien cherché !

Et ce n’est pas la peine de me relancer ou de tenter de m’apitoyer. C’est fini ! F-I-N-I !

 

Post scriptum : Et si je te croise à nouveau dans la rue, à faire ta star, Tu ne seras pas déçue du voyage…

 

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