PLANETE AFFAMEE

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PLANETE AFFAMEE

 

 

En terrain inconnu, méfiez-vous des apparences…

 

 

 

 

Sur la feuille de route du consortium, notre mission nommée « Blue Island » était simple : Découvrir, prélever, analyser. La routine, quoi.

 

Cela fait cinq ans que notre groupe a été constitué. Trois gars, et deux filles. La « dream team » comme on aime l’appeler. Julie, Anna, John, Kenny et Bob, votre serviteur.

Quand notre groupe s’est formé, nous venions d’horizons très différents avec des expériences variées. Les débuts ont été difficiles, le temps que chacun trouve ses marques et, au fil du temps et des coups durs, nous nous sommes soudés; ne formant plus qu’un face aux difficultés et en toutes circonstances.

 

Après cinq années passées à travailler ensemble, nous étions rôdés. Chacun maîtrisant sa partie à la perfection : Julie pour la mécanique et la propulsion, Anna pour la médecine et la biologie, John pour les communications, Kenny pour l’armement et moi pour le pilotage et le management.

 

Le consortium avait découvert cette planète dans la galaxie du verseau et d’après leurs analyses, elle promettait de receler des métaux rares. « Blue Island » fait référence à Jules Verne, un écrivain des temps anciens et lui rend hommage.

 

Nous sommes arrivés en orbite de la planète inconnue et sommes restés quarante-huit heures ainsi à scruter sa surface sans découvrir aucune émission de quelque nature que ce soit. S’il y avait de la vie, elle devait être primitive.

De vastes continents pâles, séparés par d’immenses océans placides et des montagnes vertigineuses coiffées de blanc offraient une vision étrange de ce globe céleste si lointain.

L’atmosphère était respirable et la présence d’eau était une bonne garantie pour nous. L’ordinateur de bord égrenait ses résultats d’analyses et tout semblait nous convenir jusqu’à ce qu’une erreur s’affiche sur l’écran; la présence d’une forme vivante que nos outils ne parvenaient pas à identifier. Cela ne semblait pas correspondre aux éléments carbonés connus.

Rien de bien grave en somme…

 

Au bout des quarante-huit heures d’observation, nous avons pu quitter notre vaisseau à bord de nos deux navettes, conformément au protocole qui impose deux nefs pour pouvoir évacuer toute l’équipe en cas d’avarie ou de destruction d’une navette; trop d’explorateurs ont péri sur des mondes hostiles à cause d’une panne irréparable…

 

Nous sommes descendus dans l’atmosphère et avons choisi un gigantesque cirque naturel pour nous poser et établir notre camp de base. La topographie montrait une surface  bien plane et des reliefs rocheux prodiguaient un bon abri en cas de tempête ou d’agression.

Nous avons disposé les shelters et installé à l’intérieur les modules pour effectuer les analyses plus fines des prélèvements que nous allions réaliser.

 

L’endroit était très calme et l’odeur de l’air rappelait celle du caramel. La gravité ne nous accablait pas. Pour une fois, l’environnement semblait accueillant.

Le sol était sablonneux, fait d’infimes cristaux de couleur jaune pâle qui donnaient à l’ensemble une ambiance dorée. Le temps était clair et aucun vent ne soufflait. Il régnait une température de trente-quatre degrés et le soleil nous aveuglait quelque peu. Les verres solaires s’imposaient.

Au loin, avec cette chaleur, les massifs montagneux semblaient danser.

 

A l’intérieur du cirque, de nombreux rochers arrondis et probablement polis par le vent et le sable rompaient la monotonie du site.

 

Une fois le camp établi, nous avons envoyé des drones volants aux quatre points cardinaux pour cartographier la région et nous avons débuté les prélèvements et sondé le sol.

Julie avait sur elle un petit terminal connecté aux navettes et au vaisseau et elle avait déjà effectué les contrôles de rigueur. Anna disposait ses trousses médicales et déployait son laboratoire d’analyses. John, Kenny et moi-même étions occupés à déployer les foreuses et les sonars quand un vent s’est levé, animant le sable au sol en petits tourbillons. Nous avons accueilli ce zéphyr comme une bénédiction car nous dégoulinions de sueur dans nos combinaisons de travail.

 

Les heures ont défilé et nos échantillons s’accumulaient devant le laboratoire. Le vent soufflait toujours gentiment et le soleil tapait moins fort, diminuant l’intensité du jour et faisant basculer la blancheur ambiante vers l’ocre. Le paysage était magnifique et je me sentais d’humeur joyeuse au milieu de cette ambiance paisible.

 

Tout se déroulait parfaitement jusqu’à ce que Kenny empoigne un marteau-piqueur et se dirige vers un des rochers arrondis pour y prélever un échantillon.

Au moment où Kenny a démarré son engin contre la roche, il y a eu comme un séisme. Kenny s’est arrêté et a attendu quelques instants. Quand le phénomène s’est arrêté, il a à nouveau entrepris d’entamer la roche et à nouveau, le sol a tremblé; plus fort. Kenny a alors levé son marteau-piqueur, l’a stoppé et s’est écarté du rocher. Il est revenu parmi nous au camp.

 

_ C’est moi qui ai provoqué les séismes ? Vous croyez ça possible ?

 

On s’est tous concertés et cela nous a paru improbable. Mais par prudence, nous avons décidé de ne plus nous attaquer aux rochers avant le lendemain.

 

Alors que le soir commençait à tomber, nous nous sommes réunis pour prendre notre repas. L’ambiance était bonne et Kenny a fait l’objet de blagues salaces comme il avait fait tout trembler avec son énorme engin…

Le repas terminé et après avoir longuement discuté, nous sommes allés nous coucher dans nos navettes.

 

La nuit s’est déroulée sans incident et nous avons dormi comme des bienheureux…

 

Le lendemain matin, quand je suis sorti, Kenny était déjà debout, pieds nus, en caleçon et tee-shirt. Il se grattait la tête.

 

_ Bonjour Ken ! Tu es matinal !

 

_ Ouais… Je crois qu’on a un problème. J’ai comme un mauvais pressentiment…

 

_ Pourquoi donc ?

 

_ Le rocher… Il a disparu.

 

_ Ah bon ? Il s’est peut-être enfoncé dans le sable après le séisme ?

 

_ Peut-être… Mais regarde, les autres rochers ne sont plus disposés de la même façon qu’hier. Ils sont tous axés vers notre camp; en arc de cercle. Reste à savoir s’ils s’éloignent ou s’ils se rapprochent.

 

_ Wow ! Mais c’est vrai ! Tu crois qu’ils sont vivants ?

 

_ Sais pas… Une forme de vie cristalline ? Silicée ? Du jamais vu !

 

_ Humm… Va falloir tirer ça au clair. Les drones sont revenus ?

 

_ Oui. Ils se rechargent.

 

_ Ils ont peut-être filmé la disparition du rocher ? Tiens, le temps a changé… Il y a de gros nuages sombres à l’horizon. Espérons que ça ne vient pas sur nous. Je vais aller consulter le vaisseau pour obtenir une image météo… Ken ? Tu trembles ? Tu as froid ?

 

_ Au… au secours Bob… Sous le sable… Mon Dieu ! J’ai maaaal !

 

Kenny était enfoncé dans le sable jusqu’à mi-mollet et son tremblement s’est accentué jusqu’à ce qu’il ressemble à un pantin, s’enfonçant davantage dans cette mer d’infimes cristaux dorés.

Je l’ai attrapé par les épaules et l’ai tiré vers moi. Il y a eu comme un craquement et Kenny a hurlé de douleur ! Ses pieds et ses chevilles avaient disparu et ses jambes se terminaient désormais en un triste lambeau de chairs effilochées; comme si ses jambes étaient passées à travers des lames d’une moissonneuse. Cependant, aucun résidu ne semblait subsister; les chairs s’effilochaient et disparaissaient.

J’ai hurlé pour appeler les autres qui ont immédiatement accouru.

On a allongé aussi rapidement que possible Kenny sur une table dans le laboratoire et Anna lui a posé deux garrots et lui a injecté de la morphine. Deux seringues; une dans chaque cuisse. Le pauvre hurlait à pleins poumons et se tortillait comme un diable sur la table en inox du shelter.

 

Kenny a rapidement perdu connaissance et ce n’était pas plus mal car ses jambes continuaient à s’effilocher de plus en plus; de plus en plus haut et de plus en plus vite. Une vision d’horreur s’offrait à nous : notre ami se désintégrait sous nos yeux de manière inexpliquée.

 

Julie hurlait, prise de panique et Anna est restée interdite pendant dix secondes puis elle est partie en trombe fouiller dans une de ses caisses et elle est revenue, une longue lame dentée en inox à la main : « Tenez-le ! »

 

Alors que John et moi-même nous nous couchions sur le tronc de Kenny, Anna posait des garrots au-dessus des genoux de notre infortuné compagnon et elle découpait en hâte ses jambes sous la rotule.

Nous étions pâles comme des linges; Julie pleurait en silence et elle posait les électrodes du scope sur la poitrine de Kenny et nous avons aussitôt entendu les bips, petits témoins des battements du cœur de Ken. Elle lui a ensuite posé un masque à oxygène sur son visage. Elle lui caressait les cheveux.

 

Après avoir procédé à l’amputation, Anna a jeté le peu qui restait des jambes dans une poubelle et elle a arrosé les moignons d’une solution iodée. Pendant quelques secondes, nous avons cru que ce qui rongeait Ken était  parti avec ses jambes, confiné dans la poubelle et que notre ami allait s’en sortir; mais, alors qu’Anna allait poser des gazes pour faire un pansement, une émulsion s’est soudain développée sur les moignons créant une mousse intense orange et l’effilochage des membres a repris de plus belle, comme galvanisé par le liquide iodé.

Nous nous sommes écartés du pauvre Kenny qui disparaissait peu à peu, comme rongé par un acide invisible. Un cruel sentiment d’impuissance nous a submergés.

 

Les bips du scope ont accéléré pendant quelques temps, puis se sont tus. Kenny finissait de disparaître sur la table.

 

Quand le processus a terminé son œuvre dévastatrice, il ne restait plus de lui que ses vêtements, une plaque métallique orthopédique, six vis et les amalgames de ses plombages. Les os, les dents et les cheveux avaient aussi disparu.

 

 

Nous nous tenions éloignés de la table. Immobiles et silencieux; horrifiés et traumatisés par ce à quoi nous venions d’assister. Incrédules.

Au bout d’un moment que je ne saurais évaluer, j’ai fini par réagir : « On dégage ! Immédiatement ! Laissez tout sur place ! Tout le monde dans les navettes ! Allez ! Go go go !

 

Alors qu’on venait de sortir du laboratoire, le sol s’est mis à trembler et l’énorme rocher est apparu à la surface du sable, s’interposant, nous empêchant de fuir vers les navettes.

 

John a semblé pris de panique et a tenté de contourner le rocher en courant. Dès que ses pieds se sont enfoncés dans le sable, il a été englouti en quelques secondes, il a juste eu le temps de pousser un cri avant de disparaître dans le sable sous nos yeux. Je n’oublierai jamais son regard angoissé et terrifié, ni sa main animée de spasmes s’enfoncer doucement. En silence.

Nous sommes immédiatement rentrés à l’intérieur du shelter et avons refermé la porte derrière nous.

Nous n’étions plus que trois. Curieusement, le sol du labo ne s’enfonçait pas. Nous en avons conclu que le shelter nous isolait des récepteurs sensoriels de la créature qui avait dévoré nos deux compagnons.

Julie se tenait prostrée dans un angle du shelter; elle semblait refuser la situation et tentait de la fuir en fermant les yeux.

Anna m’a fait face : C’est quoi ?

 

_ Je n’en sais rien… Je crois qu’on les a réveillés hier avec le marteau-piqueur et qu’ils sont affamés. Ils ont goûté Ken et ça leur a plu.

 

Un bruit sourd a retenti à l’extérieur, comme un choc violent entre deux camions. Puis un autre encore plus violent, faisant trembler la structure de notre abri.

Nous avons risqué un œil à travers la vitre. Ce que nous avions pris pour des rochers immobiles, disparaissait puis réapparaissait et évoluait à une vitesse incroyable. Apparemment, les créatures se fonçaient dessus; comme d’énormes auto-tamponneuses. Elles semblaient combattre en se percutant avec une violence inouïe.

 

Anna ouvrait de grands yeux : Mais que font-ils ?

 

_ Ils se battent…

 

_ Ils se battent ? Mais pourquoi donc ?

 

_ Pour savoir lequel est le plus fort; déterminer qui d’entre eux va pouvoir nous bouffer, je le crains.

 

_ Je ne comprends pas… Ils n’ont pas pu manger Ken; il s’est désintégré dans l’abri.

 

_ Je n’en suis pas aussi sûr que toi. J’ai bien peur que même à distance, une fois qu’il a commencé à digérer Kenny, il a continué à le faire à distance, sinon, le processus se serait arrêté. Non ?

 

_ C’est horrible ! Comment allons-nous nous en sortir ?

 

_ Ils n’ont pas l’air de pouvoir traverser le plancher ni même de nous détecter quand on est à l’intérieur. Ils n’ont pas attaqué le labo. Ken les a attirés parce qu’il était pieds nus sur le sable et John, en courant s’est enfoncé dans le sable. Ils détectent notre odeur. Maintenant qu’ils savent que nous sommes comestibles, c’est la curée de la meute.

 

_ Tu penses que si on arrive à s’isoler du sable, on pourra regagner les navettes ?

 

_ Je le crois. En démontant des parties du plancher, on pourrait déposer au sol des plaques et ainsi nous rapprocher des navettes. Je ne vois pas d’autre moyen. Et on ne peut pas rester ici indéfiniment.

 

_ OK. On essaie ça.

 

_ Je vais d’abord tenter une expérience pour prouver ma thèse…

 

J’ai enlevé mon tee shirt, je l’ai roulé en boule et l’ai passé sous mes aisselles avant de le jeter au loin, sur le sable. Il a subitement disparu pour réapparaître quelques secondes plus tard; comme violemment rejeté. Les masses noires sillonnaient toujours les alentours mais ne semblaient plus combattre.

J’ai ensuite retenté l’expérience avec mes chaussettes que j’avais au préalable déposées dans un bac en plastique. Aucune réaction; la boîte est restée immobile à la surface du sable. Ces créatures ne détectent donc pas les vibrations du sol, mais les odeurs ou les phéromones.

 

On a démonté les plaques du plancher et on les a déposées sur le sable, espacées chacune d’un mètre environ.

 

Ça aurait dû marcher. Nous aurions pu regagner une des navettes par ce moyen. C’était sans compter sur l’état mental de Julie…

Quand nous avons décidé de tenter notre sortie, nous sommes allés chercher Julie qui était recroquevillée en position fœtale, au fond du shelter. Quand Anna a posé sa main sur son épaule, elle a ouvert les yeux et, je dois bien l’admettre, j’ai eu du mal à la reconnaître ! Son visage était transformé et son regard était si dur… Elle avait perdu la raison. Et quand Anna l’a touchée, elle s’est relevée d’un bond et s’est mise à hurler : Ne me touchez pas ! Il est hors de question que je bouge d’ici ! N’essayez même pas !

 

_ Julie… On ne peut pas te laisser là, Bob a trouvé le moyen de regagner la navette sans que ces monstres ne nous détectent, on va s’en sortir…

 

_ Ne me touche pas, salope ! Je vois très bien ce que vous manigancez tous les deux ! Vous allez vous servir de moi comme d’une chèvre, un appât et vous allez me sacrifier et vous vous tirerez pendant que je me ferai bouffer comme Kenny et John ! Foutez-moi la paix !

 

Anna a tenté de se rapprocher de Julie mais cette dernière s’est emparée d’un bistouri et le lui a planté dans la tempe d’un coup sec. Je n’ai rien pu faire. Julie a regardé Anna s’effondrer comme une poupée de chiffon; elle affichait un horrible rictus. Elle a éclaté d’un rire grotesque et elle est retournée s’asseoir au fond du shelter en me jetant un regard mauvais. Elle a gardé le bistouri contre elle.

 

Anna gisait au sol, dans une mare de sang et Julie m’observait du fond du shelter avec un air mauvais. Je suis alors sorti et, de plaque en plaque, en récupérant celle de derrière pour la lancer devant moi, j’ai finalement réussi à atteindre la navette.

 

J’étais aux commandes et j’allais décoller quand Julie est apparue au seuil du shelter. Elle semblait prise de panique et elle me faisait des grands signes. Elle a commencé par poser les pieds sur les plaques mais n’a pas compris que pour continuer, elle devait lancer devant elle celle qui se trouvait derrière elle. Elle a un peu hésité puis s’est mise à courir sur le sable comme une dératée. Un sprint contre la mort.

Alors qu’elle arrivait près de la navette, j’ai aperçu comme un tentacule émerger du sable et la frapper violemment dans le dos. Julie a paru étonnée juste avant d’être fracassée contre la carlingue. J’étais horrifié. Le pare-brise était maculé du sang et de la cervelle de Julie. Une mare poisseuse et dégoulinante. Dégoulinante ! Danger !

J’ai poussé les moteurs à fond mais je n’ai pas eu le temps de décoller car d’autres tentacules sont venus s’enrouler autour de la navette. Des tentacules énormes et puissants qui ont fait plonger mon appareil dans le sable. J’ignore à quelle profondeur je me trouve.

 

La navette est HS. Les moteurs n’aiment pas le sable et les tentacules ont abîmé les fuselages. J’ai bien cru qu’ils allaient broyer mon engin; ça craquait de partout pendant que je m’enfonçais dans le sable.

Julie, en courant ainsi prise dans sa folie, m’a entraîné dans sa mort.

J’ignore combien de temps je vais pouvoir tenir… J’ai des vivres et de l’eau et l’oxygène est recyclé.

J’ai deux options. Soit je reste à l’intérieur et j’attends la mort avec patience, soit je m’équipe d’un scaphandre comme pour une sortie dans l’espace et je tente de remonter à l’air libre. J’ignore à quelle profondeur je me trouve sous la surface. Ce qui est sûr, c’est que quand j’ouvrirai le sas, le sable entrera dans la navette et la remplira. Si seulement une de ces bestioles avait la bonne idée de passer sous l’appareil et le faire remonter à la surface…

 

Voilà… Je termine l’enregistrement. Il passera en boucle par la radio. Si vous passez par là et que vous m’entendez, écoutez-moi bien et prenez vos précautions en posant les pieds sur le sol de cette planète. Les apparences sont trompeuses. Elle regorge de monstres affamés. Ils ont goûté à la chair humaine et… Ils ont adoré ça.

 

C’était Bob Runner dernier survivant de la mission « Blue Island » pour le consortium.

 

 

2 Commentaires

  1. Je me suis toujours méfiée de ces paisibles rochers, tranquilles, imposants, silencieux, ancestraux …qui sur nos côtes. …nous offrent appuie, perspective, isolement, dossier, ombre…. mais de là à imaginer qu’ ils sont affamés. …waoooouuuuuhhh! Je les regarderai différemment maintenant 😊

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