D’ENFER

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D’ENFER

 

 

Il faisait chaud devant le camion pizza. Oh bon Dieu qu’il y faisait chaud ! Je dégoulinais littéralement.

C’était il y a deux jours, le sept juillet et rappelez-vous, le thermomètre affichait fièrement ses trente-cinq degrés. Ambiance caniculaire…

 

La journée avait mal commencé; ce n’est rien de le dire… Cela faisait déjà une semaine que ma femme était partie avec les enfants sous le prétexte qu’elle avait besoin de vivre pour elle, de s’occuper d’elle et de s’épanouir enfin ! A quarante ans, il était temps d’y penser !

Merde. Moi qui bosse depuis l’âge de quinze ans et qui en ai bavé des ronds de chapeau pendant toutes ces années, ça m’a laissé sans voix. J’imagine qu’elle a dû rencontrer quelqu’un qui l’a séduite… Je n’en sais rien pour l’instant.

 

De toute manière, je n’avais rien à dire puisqu’elle avait pris la précaution de partir durant ma journée de travail et avait simplement jugé bon de me laisser un mot sur la table de la cuisine.

En post-scriptum, elle m’avait prévenu qu’elle avait vidé les comptes bancaires aux trois-quarts et qu’elle récupèrerait la moitié de la valeur de la maison et de son contenu au moment du divorce. La garce ! Voilà où mènent vingt ans de mariage. Seul, fauché et bientôt sans abri !

 

Cette journée avait donc mal commencé disais-je. En partant de chez moi le matin pour rejoindre mon travail, j’étais en retard, et en roulant un peu trop vite, j’ai eu un accrochage avec… le fourgon de la gendarmerie qui circulait par là. Je vous passe les détails mais ça ne s’est pas bien passé du tout. Un mot en a entraîné un autre et quand le gendarme m’a informé du montant de l’amende, je me suis énervé et des injures ont fusé. Conclusion de l’échange : retrait du permis immédiat et promesse d’un procès pour outrage à un représentant de la Loi. Nouveau statut : Piéton et potentiellement futur taulard…

 

Au boulot, je suis arrivé bien plus en retard que d’habitude, évidemment et j’ai eu droit à une engueulade de la part du patron. Je ne sais pas si cela tient à la dose de café fort que j’avais ingurgité en arrivant ou de ma frustration résultant de mon entretien avec les gendarmes, mais quand après avoir entendu mes explications ce con a éclaté de rire, je lui suis carrément rentré dans le lard et il s’en est fallu de peu pour que ça ne dégénère pas en pugilat.

J’ai reçu ma lettre de licenciement dans l’après-midi. Pour faute grave et sans indemnités, bien sûr…

Le soir, exténué par ma journée; sans famille, sans boulot, sans permis et bientôt sans un rond; en rentrant, je suis descendu du bus au niveau de la petite place, à proximité du camion pizza car je n’avais franchement pas envie de faire la cuisine et une pizza XL m’irait très bien pour me remettre de mes émotions.

Du camion sortait une bonne odeur de cuisine italienne et le pizzaïolo chantonnait joyeusement, accompagné par la musique qui sortait de son magnétophone à cassettes; une antiquité. Il chantait tout en préparant ses commandes. Je me suis assis sur un des hauts tabourets mis à la disposition des clients pour leur apporter du confort pendant leur attente et j’ai commandé une pizza quatre saisons; une grande. J’ai pensé que j’aurai au moins un motif de satisfaction dans la journée…

Mais à peine installé sur mon tabouret, alors que je tentais d’entamer une aimable conversation avec le pizzaïolo qui semblait ne pas m’entendre; une grande et jolie brune, montée sur talons aiguilles et maquillée comme une voiture volée est venue s’installer à côté de moi. Elle sentait rudement bon et sa chevelure tombait bas sur ses reins. Elle avait un joli visage.

Elle m’a jeté une œillade explicite et semblait flotter sur un petit nuage, et en y regardant de plus près, je me suis rendu compte que la dame n’en était pas une. Super journée, vraiment… J’ai décidé de l’ignorer.

Quant au pizzaïolo, il se fendait largement la poire sans prendre la peine de s’en cacher. J’ai ressenti pour lui comme un début de haine intense.

Muet et tendu, j’attendais ma pizza en maudissant le monde en général et le pizzaïolo en particulier. Ce salopard n’arrêtait pas de nous lancer des regards en jouant de ses sourcils épais. Il était grotesque.

Et puis, le monsieur-dame assis à côté de moi s’est mis en tête de me faire la conversation. Cela a duré un bon moment. Elle m’a informé que son prénom était Cassandra… Je ne disais rien, je ne pouvais rien dire, j’étais bloqué. Je ne savais déjà plus comment contenir cette fureur qui montait en moi, impérieuse et puissante. Elle n’était pas dirigée contre le travesti qui n’y était pour rien, le pauvre ne faisait rien de mal et il ignorait qu’il se tenait à proximité d’une bombe à retardement. Une bombe qui allait exploser d’un moment à l’autre sans prévenir.

Rapidement, malgré tous mes efforts pour garder mon sang froid,  j’ai perdu toute faculté d’analyse, de réflexion et de contrôle. La colère accumulée dans la journée s’est muée en une énorme pression qui a fini par me faire éclater.

Et quand il m’a attrapé le bras et qu’il a voulu plaisanter et dit en montrant ses dents blanches et si bien alignées :  » Eh bien alors mon joli, tu boudes ? » Je ne sais pas ce qui m’a pris, mais j’ai perdu les pédales et je n’ai plus rien contrôlé du tout; mon esprit s’est fermé brutalement et le coup de boule est parti sans aucune préméditation. J’ai aussi bien senti qu’entendu les os de son nez  craquer tristement sous l’impact. A ce moment-là, je crois bien que j’aurais pu faire n’importe quoi et déclencher les feux de l’enfer sans la moindre retenue.

Etonné, choqué, le travesti s’est levé de son siège, a reculé de quelques pas, la bouche ouverte en forme de « O », les yeux exorbités, surpris. Un flot de sang s’est mis à jaillir de son nez aplati, déformé et à se déverser sur son chemisier. Et il s’est mis à hurler comme une sirène d’alarme.

En serrant les mâchoires et les poings, j’ai à nouveau fait face au pizzaïolo qui ne riait plus. Il semblait tétanisé.

En prenant conscience de ce qui venait de se passer, j’ai senti ma fureur se muer en un malaise profond, une honte épouvantable et finalement j’ai sombré dans un abîme de tristesse.

J’ai entendu quelqu’un appeler les secours dans mon dos. Alors je suis parti en lâchant un « désolé » au travesti qui ressemblait maintenant  à un raton-laveur en raison des cernes noirs qui s’étaient formés sous ses yeux aux paupières maintenant gonflées, hématomes causés par la fracture nasale.

 

Je suis rentré chez moi, la tête basse en espérant qu’aucun témoin de la scène  ne me connaisse. Une fois dans ma maison, je me suis enfermé à double tour, j’ai fermé les volets électriques bien qu’il fasse encore jour, allumé le poste de télévision sans le son et dans la pénombre, j’ai siroté la moitié d’une bouteille de scotch en pleurant.

J’ai repassé les événements de la journée. Comment est-ce possible ? Après tant d’années sans aucune histoire, sans le moindre accroc avec personne, sans la moindre animosité. Qu’étais-je devenu soudain ? L’archétype de ce que je détestais, que je considérais comme une brute épaisse ! Un de ces lourdauds bas de plafond ne disposant que d’une trentaine de mots à leur vocabulaire et qui, faute de raisonnement s’expriment avec leurs poings. Merde ! Non ! Pas moi ! Je ne suis pas comme ça. Que vont penser mes amis gays s’ils apprennent ça ? Je vais les perdre eux aussi ? Mon dieu…

 

J’en suis là, à réfléchir, passablement embrumé par les vapeurs d’alcool quand la sonnette retentit ! Je regarde ma montre et elle affiche vingt-trois heures dix-sept. Je me lève du canapé et me dirige vers la porte d’entrée en chaloupant un peu… Comme il fait nuit, j’allume l’ampoule extérieure et risque un œil à travers le Judas. Trois types sont devant ma porte. Jeunes, grands et assez minces à ce que je peux en juger.

_ Oui ? Qui êtes-vous ? Que voulez-vous à cette heure ?

_ On recherche quelqu’un qui était au camion pizza, avant-hier en fin d’après-midi. On nous a dit qu’il habite dans cette maison. C’est vous ?

_ Ici ? Vous vous trompez. Fichez le camp !

_ C’est vous, n’est-ce pas ? C’est vous qui avez cassé le nez à Cassandra.

_ Partez ou j’appelle les flics ! Je ne connais pas de Cassandra.

_ Appelez-les donc ! Je suis curieux de voir ça…

_ Je vais les appeler si vous ne déguerpissez pas immédiatement !

_ Elle est à l’hôpital… Elle ne vous avait rien fait. Pourquoi avez-vous fait ça ? C’est une artiste. Elle devait assurer son spectacle ce soir… ça devait être sa chance. Des gens de Paris, du showbiz sont descendus exprès pour l’entendre chanter. En lui cassant le nez, vous l’avez défigurée et vous avez ruiné sa carrière, sa vie. Pourquoi ? Vous êtes homophobe ? Néonazi ? Ou un truc dans le genre ? Répondez-moi.

_ Non. Je ne suis rien de tout ça. Je ne suis pas un salopard. Rien qu’un pauvre con qui a vécu la plus horrible journée de toute sa vie.

_ Vous ne voulez pas ouvrir pour qu’on en discute ?

_ Bien sûr ! Après avoir perdu ma famille, mon permis et mon job et bientôt ma maison et le peu que je possède, pourquoi pas la vie ? Hein ? Je suis au ras des pâquerettes, mais j’ai encore assez de jugeote pour préserver mon intégrité physique. Donc non, je n’ouvrirai pas.

_ Nous n’avons pas l’intention de vous brutaliser. Ce n’est pas pour nous venger ou vous faire payer que nous sommes là; mais pour comprendre.

_ Vous perdez votre temps. Il n’y a rien à comprendre. J’ai craqué quand elle m’a attrapé le bras; J’ai craqué à cause de ma garce de femme, des gendarmes, de mon salaud de patron et de ce con de pizzaïolo. C’était trop, vous comprenez ? Elle s’est trouvée au mauvais endroit, au mauvais moment. En temps normal, je ne lui aurais jamais fait de mal. Ça aurait pu être n’importe qui… J’en ai honte, vous savez; tellement honte. Vous êtes satisfait ?

_ S’il vous plait, ouvrez-moi. Qu’on discute de tout ça. Je crois que je commence à comprendre.

_ Ben, vous avez de la chance. Moi, je n’y comprends rien. Depuis ce matin, ma vie est devenue infernale. Allez voir les policiers ou les gendarmes, déposez une plainte. J’avouerai et ils m’enverront en taule. Après tout, j’y serai peut-être mieux…

_ Non. D’après ce que vous m’avez dit, vous ne méritez pas ça.

Une autre voix, plus près, dans mon dos m’enjoint tout bas : « Ouvrez la porte, Monsieur, s’il vous plaît. » Merde ! Ils ont réussi à entrer…

_ Après tout, je mérite sans doute de payer pour ce que je lui ai fait. Et ma vie, pour ce qu’elle vaut maintenant… Je vous ouvre.

 

Je débloque la serrure à trois points de la porte et tourne le verrou. J’ouvre la porte et les invite à entrer : « Venez… On va s’installer dans le salon pour parler de tout ça. Entrez. »

Les trois gars entrent et referment la porte derrière eux.

Je me laisse tomber au milieu du canapé, les yeux rougis et j’essuie les larmes qui ont coulé sur mes joues.

_ Asseyez-vous où vous voulez. Si vous voulez boire quelque chose, servez-vous dans le frigo; il y a des bières et du soda.

 

Celui qui m’a parlé à travers la porte place un fauteuil en face de moi, de l’autre côté de la table basse; deux autres s’installent à côté de moi dans le canapé. Un de chaque côté.

Le quatrième, celui qui s’est introduit dans la maison reste debout à l’entrée du salon, les bras croisés.

Le type assis en face de moi sourit poliment :  » Comment vous appelez-vous ?

_ Michel.

_ Moi, c’est Romuald. Si je comprends bien, votre femme vous a quitté et depuis ce matin, vous ne connaissez que des emmerdements ?

_ C’est exactement ça. Je suis en train de tout perdre. Toute ma vie part en lambeaux. Comme ça, d’un coup. Je serai bientôt SDF si ça se trouve…

_  Et c’est pour cette raison que vous avez défiguré Cassandra ?

_  Ce n’était pas intentionnel, je vous assure. J’étais à bout. Je luttais pour garder mon self-control et puis  d’un coup, je n’ai plus rien maîtrisé du tout. Quand elle m’a attrapé le bras, je n’étais plus moi-même. Ce n’était pas volontaire. Plutôt un réflexe. Vous comprenez ? Et je ne suis pas homophobe. Je fréquente pas mal de gays et l’homosexualité n’a jamais été un problème pour moi.

_ OK. Je comprends ce qui vous est arrivé. Mais vous ? Comprenez-vous la gravité de votre acte et ses conséquences ?

_ Oui. Et c’est bien ça qui m’afflige… Je ne pourrai jamais effacer ce que je lui ai fait. Je le sais.

Les trois autres gars semblent regarder leurs chaussures sans dire un mot.

_ Pourquoi ne dites-vous rien vous autres ? Vous n’avez pas de reproches à m’adresser ? Non ? Rien ?

_ Ils n’ont rien à vous dire et ne vous diront rien. Ils ne sont pas là pour ça.

_ Pourquoi sont-ils là alors ? Juste pour vous accompagner ?

_ C’est ça. Ils m’accompagnent… Michel, quand je vous parle de gravité et de conséquences, je ne fais pas simplement allusion à ce que subit actuellement Cassandra.

Vous l’ignorez, mais Cassandra a un protecteur. Quelqu’un de très important et très puissant dans un certain milieu… Et c’est lui qui nous a chargés de vous retrouver. Le fait que vous ayez cassé le nez de sa protégée l’a… Comment vous dire ? Ça l’a fait entrer dans une fureur noire !

_ J’imagine alors que mes malheurs ne sont pas encore terminés…

_ Je crains que non. En effet. Ce n’est pas encore fini… Vous permettez ?

Romuald sort son portable de la poche intérieure de son blouson, compose un numéro :  » Allo ? Oui… Non, pas du tout… C’est un peu particulier… OK. »  Il raccroche. Hoche la tête et sourit. « On y va Michel ? »

 

Je suis dans un état second. Je sais que je dois m’attendre au pire… Une balle dans la tête ? De la torture avant ? Histoire de bien me faire comprendre que je n’aurais pas dû faire ça ?

Merde ! Quand une journée est mauvaise, elle est mauvaise…

Nous quittons ma maison, mon quartier à bord d’une luxueuse limousine. Sièges en cuir, ronce de noyer et un gros moteur qui ronronne comme un chat voluptueux.

On quitte l’agglomération et ses lumières. Personne ne dit mot. Je me laisse aller à la fatalité en me disant que pour l’instant, tout va bien. Pour l’instant… Pas envie de lutter, suivre le mouvement, profiter du confort de la grosse cylindrée au tableau de bord lumineux et complexe. Après… Après, on verra bien…

 

On roule, on roule. Il me semble qu’on se dirige vers la côte. On traverse un bourg que je crois reconnaître et on emprunte une petite route. La mer ne doit pas être loin. On ralentit et on franchit un portail en fer. Deux types referment les grilles derrière nous. J’entends les pneus crisser sur du gravier et nous nous arrêtons près du perron d’une grande bâtisse, édifice d’un style d’un siècle passé, à trois étages. J’imagine que c’est à la cave qu’on va m’emmener. J’aurai droit à l’entrée des artistes pour une unique représentation… Bizarre la vie, non ? Il y a dix jours de ça, tout baignait dans l’huile : La famille, le boulot et tout le reste allaient pour le mieux.

Si on m’avait dit à ce moment-là que je finirais seul, fauché, chômeur et sans permis, trucidé dans une cave chez un inconnu, je n’y aurais jamais cru. Quoi ? Impossible ! Pas le genre de choses qui arrivent à des types comme moi ! Et pourtant…

Je sors de la voiture, bien encadré. Je ne bronche pas. Je me suis fait une raison.

Romuald franchit les marches du perron et nous fait signe de le suivre. Un de mes gardiens m’invite à avancer vers les marches; j’obtempère.

Nous entrons dans un vaste hall luxueux au sol en marbre de Carrare et des lustres en cristal pendent au plafond. Bigre ! Ce n’est pas la case de l’oncle Tom ! Comparée à ça, ma maison fait figure de cabane…

 

Romuald a disparu par une large porte à deux battants en bois épais, ciselé et recouvert par endroits de dorures. Je trouve que ça fait un peu trop chargé; Rococo même. Enfin, il en faut pour tous les goûts. Je me concentre sur ce genre de détails pour ne pas penser à ce qui m’attend. Je ne vais sans doute pas tarder à descendre à la cave pour y vivre mes derniers instants; les pires sans doute. Je transpire et je crois sentir mauvais. J’aurais dû vider la bouteille de whisky; je serais moins conscient et davantage anesthésié.

Ça fait un bon moment qu’on poireaute dans le hall et Romuald ne réapparaît toujours pas. Mes deux gardes ne semblent pas s’en inquiéter et restent de marbre, les bras croisés. Ils paraissent jeunes, mais je parierais gros qu’ils sont rompus aux techniques de combat. Ils sont minces mais pas maigres pour autant et j’ai bien vu à leur façon de se déplacer qu’ils étaient souples et musclés. En attendant, pas question de compter sur eux pour réchauffer l’ambiance.

 

La porte s’ouvre enfin et un petit gros dégarni en costume satiné bordeaux apparaît devant Romuald. Son visage me rappelle celui de Jean Benguigui. Il reste un moment à me regarder. J’imagine qu’il veut me contempler avant de m’envoyer à l’abattoir. Il veut probablement savoir à quoi ressemble le salaud qui a défiguré sa Cassandra. Il s’approche de moi et me regarde droit dans les yeux.

 

_ Sacrée journée, hein Michel ? Romuald m’a raconté. Chômeur sans permis, probablement cocu et homophobe par-dessus le marché ?

_ Non…

_ Quoi non ?

_ Pas homophobe…

_ Vraiment ? Va dire ça à Cassandra…

_ Ça aurait pu être n’importe qui. Un homme, une femme. Dans ces conditions, ça se serait passé de la même façon. Désolé.

_ Tu peux ! Tu peux être désolé ! Elle n’est pas près de remonter sur scène avec son nez en patate ! Elle va sans doute devoir se faire opérer pour le remettre à peu près droit. Tu sais qui je suis ?

_ Non. Pas du tout.

_ On dit : Non Monsieur !

_ Non, Monsieur…

_ C’est mieux… Tu sais ce qui t’attend ?

_ Non… Non, Monsieur…

_ Tu n’en as pas une petite idée ?

_ Vous allez me faire abattre…

_ Quoi ? Pour un nez cassé ? T’entends ça Romu ? Oh le con ! Ha ha ha ! Tu as vu ça où ? Tu croyais que j’allais te buter ? Mais on ne tue pas quelqu’un pour un coup de boule voyons ! Par contre, comme j’avais misé gros sur Cassandra et sa carrière de chanteuse, tu vas devoir me rembourser. Sans parler de la vie qu’elle va me faire mener maintenant… Bouh ! Rien que d’y penser, ça me file mal au crâne…

_ Je n’ai plus un rond.

_ Je sais que tu es fauché comme les blés. C’est pour ça que tu vas bosser pour moi. J’ai besoin d’un chauffeur et de quelqu’un qui aide à la cuisine et à l’entretien des espaces verts.

_ Plus de permis…

_ Alors lui, il est con ! Tu ne m’avais pas dit qu’il était con Romu ! T’as oublié ? Les permis, c’est comme les cartes d’identité ou les passeports; ça s’achète ! Tu vas changer de nom et d’ici une quinzaine, tu auras toute la panoplie complète. Tu vas bosser pour moi pendant deux ans et après tu seras libre de rester ou de partir. OK ?

_ Oui… Monsieur… Merci.

_ Non mais, vous voyez ce regard de chien battu ? Allez ! Romu va te faire visiter la propriété et te montrer ta chambre. Demain on va faire des courses pour t’habiller correctement. Pas de locdu chez moi ! Et… Et sache que les grilles sont ouvertes dans la journée. Tu seras libre d’aller et venir à ta guise; mais si tu ne respectes pas ton contrat, et que tu décides de partir avant l’échéance des deux ans, je ferai à nouveau appel à Romu pour te retrouver et ce ne sera pas pour te ramener cette fois-ci. Il te pètera les deux jambes. Tu comprends ? Allez, bienvenue dans la famille !

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