JABIRU

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JABIRU

 

 

Mes chers disciples,

 

En ce jour béni de la femme, je vous adresse cette petite bafouille avec une intention toute particulière envers la gent féminine qui a le bon goût de suivre mes enseignements et me reste fidèle malgré mes récentes déconvenues. Comme vous le savez, des autorités ingrates ont décidé de m’isoler pour quelques temps à cause d’une peccadille, un malheureux oubli dans ma dernière déclaration de revenus; trois fois rien mais qui, si l’on en croit les juges, font de moi l’ennemi public numéro un ! Le Mesrine du FISC ! Misère… Enfin, comme vous le savez déjà, le monde n’est pas parfait et la vie peut être dure…

 

Que cela ne vous contrarie pas trop. Je continuerai malgré tout à vous faire bénéficier de mes connaissances et je profite d’une pause pour vous instruire au sujet d’une pathologie rare et méconnue de la plupart des praticiens : le Jabiru ! Croyez-moi si vous le pouvez, mais il se trouve que dans mon hôtel particulier actuel, j’ai découvert qu’un de mes co…locataires en était atteint et le pauvre en souffre de façon très sévère. Figurez-vous, mes chers agneaux que le pauvre hère ne peut s’empêcher d’affubler ses semblables de noms d’oiseaux ! Pas comme le mal décrit par La Tourette, non ! De vrais noms d’oiseaux ! Merle, autruche, pinson, fauvette, cacatoès, pélican, etc. Un vrai pilonnage sans fin.

 

Dans la plupart des cas, il s’agit de pauvres ornithologues passionnés qui se sont pleinement investis dans leur spécialité et ont raté l’agrégation de peu. Résultat: une grave dépression accompagnée d’une triste image de soi et un grave trouble de la mémoire qui dure environ deux années. Les patients, atteints de cette  terrible maladie se trouvent ensuite obnubilés par leur spécialité, obsédés et surmenés, leur cerveau ne peut alors plus penser à autre chose qu’aux oiseaux.

 

Bien sûr, avec un traitement de fond à base de benzodiazépines, les signes s’apaisent et les patients semblent retrouver une vie normale malgré leur air endormi et paraissant avoir un coup dans l’aile ; mais il suffit d’un stress, d’une colère et paf ! Tout leur répertoire ornithologique y passe ! Le pauvre diable qui vit actuellement en notre compagnie se heurte régulièrement à un mur d’incompréhension et c’est à chaque fois la prise de bec et si je puis dire, il y laisse des plumes…

 

Quelques vieux psychiatres déplumés connaissent ce mal et se font du mouron quand un patient présentant les signes précités vient les consulter.

 

Les  spécialistes de la sphère mentale on appelé ce mal Jabiru. Ce nom résulte de la contraction de la première syllabe de trois noms d’oiseaux : Jaseur, bihoreau et rubiette.

 

Pendant que je vous tiens, je vous assure que le cuisinier de mon hôtel n’a pas fait l’école hôtelière et que son rata est infâme… Donc, si parmi vous, il s’en trouve qui auraient l’idée de m’expédier un colis, sachez que je l’accepterais bien volontiers car j’ai le bec fin. Et si vous le pouvez, ne lésinez pas sur le confit de canard car j’adore ça.

 

 

Bien à vous, votre très dévoué docteur Bourremou.

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