CHACONNE

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Chaconne

Coucou mes chers petits disciples ! Comme j’ai eu droit à une permission de vingt-quatre heures pour me récompenser de ma conduite exemplaire, c’est d’un cybercafé que je vous écris afin de poursuivre votre édification.

J’ignore dans combien de temps je vous contacterai après cette séance car je n’ai pas du tout l’intention de regagner ma cellule. On y mange trop mal et rien que de penser à la douche, j’éprouve comme des vertiges…

Enfin, la vie n’est pas seulement faite que de choses simples et agréables. Mais je ne vous apprends rien.

Donc, aujourd’hui, je vous enseignerai quelque chose d’important pour votre future carrière car la pathologie en question est très répandue chez la gent féminine.

Vous en croisez tous les jours; dans la rue, au supermarché, dans votre immeuble ; partout !

Il s’agit de femmes de tous âges, de tous milieux sociaux et de tous quartiers, qu’ils soient citadins ou ruraux. Cette maladie ne connaît pas de frontières. Regardez parmi vos connaissances sur facebook ; elles pullulent !

Je vous parle de ces femmes qui sont dingues des chats : « Les chaconne ». Observez-les, écoutez-les… Elles n’en ont que pour ces bestioles miaulantes et griffues ! Tout y passe; leur temps, leur énergie et une bonne partie de leurs finances. Et que je te l’habille comme une poupée, que je te le prenne en photo sous toutes les coutures et que je te lui achète des pâtés spéciaux qui coûtent les yeux de la tête; et un arbre à chats, et des jouets et une cabane spécifique ! De la folie furieuse, oui !

Le professeur Van Dunort a rédigé une thèse intéressante à ce sujet. Il y décrit ces femmes comme souffrant d’un grand manque affectif remontant à la petite enfance ou durant leur vie d’adulte; suite à une séparation douloureuse. C’est ce scientifique émérite qui a ainsi nommé cette pathologie psychiatrique féminine; je vous laisse deviner pourquoi…

Il n’existe malheureusement aucun traitement pour soigner ces malheureuses. Quelques uns de mes confrères ont tenté une approche par le biais d’une psychothérapie, mais l’expérience a vite tourné court, les mégères s’étant regroupées en association avec la bénédiction de la société protectrice des animaux ; arguant que la démarche avait pour visée de nuire à l’espèce féline.

Le professeur Van Dunort a par la suite subi les foudres de l’ordre des médecins et il a par voie de conséquence perdu sa chaire à Apate, en Arabie. Le pauvre ne s’en est jamais remis.

La chaconne poursuit ses ravages, s’étend et les statistiques démontrent une courbe exponentielle. Internet et les outils multimédias propagent ainsi la maladie à travers le monde, sauf en Chine et dans pas mal de pays asiatiques où les matous ne servent pas de substitut affectif à la population féminine. J’ignore pourquoi.

Toujours est-il que vous devrez éviter d’évoquer cette pathologie car les malheureuses atteintes de ce mal ne sont pas conscientes de leur maladie et se montrent rapidement agressives quand on leur tend ce genre de miroir ; elles sont remontées comme des pendules et crient au scandale.

Bon… Je vais devoir vous laisser car je ne veux pas rater mon avion pour Caracas.

Je vous recontacterai de là-bas dès que le courant sera rétabli.

 

Votre très dévoué professeur Bourremou.

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